Conférence « La reconstruction des églises dans la région de Château-Thierry après la Grande Guerre »
La Société Historique et Archéologique de Château-Thierry propose, le samedi 3 octobre 2026 à 14h15 aux Bains-Douches, 8 rue du Château, une conférence consacrée à la reconstruction des églises de la région de Château-Thierry au lendemain de la Grande Guerre.
Cette conférence sera animée par Xavier de Massary, vice-président de la Société Historique et Archéologique de Château-Thierry et conservateur général du patrimoine.
Le département de l’Aisne fut celui qui subit le plus de destructions durant la Grande Guerre (1914-1918). Cela fut vrai pour l’habitat, les usines, les bâtiments publics, mais aussi les églises. On estime que plus d’un quart d’entre elles durent être reconstruites une fois la paix revenue.
Si l’arrondissement de Saint-Quentin fut de loin le plus touché, les églises de village de la région de Château-Thierry furent, pour leur part, plus ou moins sérieusement frappées par les bombes et la mitraille lors de la seconde bataille de la Marne (juillet-août 1918). On peut estimer, d’après les photos prises au lendemain de la libération mais aussi le montant des dommages de guerre, qu’une vingtaine d’églises (sur 125) avaient été détruites à plus de 50% et auraient dû, logiquement, être entièrement reconstruites. Mais le service des Monuments Historiques réussit à sauver les plus anciennes d’entre elles : Chartèves, Passy-sur-Marne, Torcy-en-Valois, Saponay, en faisant rebâtir, en pierre de taille à l’identique, les parties effondrées telles que voûtes ou clochers. Dans quelques cas limites, à Brasles, Hautevesnes ou Seringes-et-Nesles, on conserva le chœur ou quelques arcades du Moyen-âge, et on rebâtit nef et clocher en moellon ou ciment armé avec des formes plus élancées.
Enfin une dizaine d’églises, soit parce qu’elles étaient moins anciennes ou réellement réduites à un tas de cailloux, comme Courmont, Jaulgonne, Mont-Saint-Père ou Saint-Gengoulph, furent entièrement reconstruites avec des techniques modernes, et un décor extérieur souvent réduit à un jeu sur les matériaux et les épidermes. Par contraste, la plupart des baies furent garnies de vitraux de couleur à personnages ou à motifs géométriques, parfois confiés à des artistes de renom tels que Jacques Gruber à l’église de Gland ou Maurice Denis à celle de Fère-en-Tardenois, qui avait été seulement endommagée. Ces églises de la Reconstruction sont en train de devenir des centenaires, qui auraient bien besoin que l’on s’occupe d’elles, si nous voulons qu’elles continuent encore longtemps à être un élément essentiel du visage de nos villages."
Illustration :
Eglise de Saint-Gengoulph : la nouvelle église. (C) X. de Massary





