Gustave Belin

Usine Belin

Âgé de 25 ans en 1902, Gustave Belin ouvre une gaufretterie, la manufacture des biscuits Belin, à Bagnolet. À la veille de la Première Guerre Mondiale, la Société Belin Frères compte 3 fours et 93 ouvriers. Gustave Belin se marie alors avec Emilie Fossier, fille du fondateur de la première manufacture des biscuits roses de Reims.

Les biscuits sont jusque-là un produit de luxe, mais on les utilise durant 14-18 comme « pains de guerre » pour leur valeur nutritive au profit des soldats. Ainsi, le produit se démocratise dans les années 1920. L’entreprise, devenue la Société Anonyme des Biscuits Belin, subit malgré tout une crise à partir de 1925 et termine en faillite en 1929.

Mais Gustave Belin n'a pas dit son dernier mot. En 1931, il est attiré par la petite ville de Château-Thierry qui compte alors 9 000 habitants. En effet, la ville est entourée des matières premières utilisées pour la fabrication des biscuits : céréales, lait et betteraves sucrières. Avec le soutien de son contremaître Raymond Dallemagne, il décide donc d’implanter, dans un ancien garage situé rue Henri Petit, la manufacture de la S.A. Biscuits Belin. L’entreprise prend son essor pour compter quelque 1 000 ouvriers en 1939, année du décès de Gustave Belin.

Son fils, Roger Belin, prend alors la direction de la biscuiterie. La France occupée, l’usine refuse de se mettre au service de l’ennemi. Elle oriente sa production vers la production de biscuits caséinés pour les écoles et de pains de guerre pour les prisonniers.

Puis, à la Libération, l’entreprise reprend son activité normale. Elle connait un fort développement et devient le premier employeur de Château-Thierry. En 1961, il faut ouvrir une deuxième usine à proximité qui prendra le nom d’U1. Deux ans plus tard, Belin lance la production de son produit phare, le Pépito. Le succès est immédiat. Diversifiant sa production avec les biscuits apéritifs, Belin devient la deuxième biscuiterie française et emploie, en 1972, 1 900 personnes.

Toutefois, subissant les effets de la concurrence, l’usine U1 est fermée au début des années 1990, mais la manufacture originelle rue Henri Petit perpétue son activité. La friche U1 se transforme progressivement en lieu d'arts et de culture et, en accueillant des structures telles que la salle de concert La Biscuiterie, garde en elle le souvenir de son activité passée. Aujourd’hui, après plusieurs virages, notamment le rachat de l’entreprise par LU appartenant désormais à Mondelez, Belin se maintient. Avec 145 employés qui produisent 3 000 tonnes de biscuits par an, l’entreprise reste un symbole bien vivant du savoir-faire et de l’aventure industrielle de Château-Thierry.

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